Archive | Fables

13 avril 2014 ~ 0 Commentaire

L’Aigle et la Pie.

L’aigle, reine des airs, avec Margot la pie,
Différents d’humeur, de langage et d’esprit,
Et d’habit,
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné.
L’agace eut peur; mais l’aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure, et lui dit: Allons de compagnie:
Si le maître des dieux assez souvent s’ennuie,
Lui qui gouverne l’univers,
J’en puis bien faire autant, moi qu’on sait qui le sers.
Entretenez-moi donc, et sans cérémonie.
Caquet-bon-bec alors de jaser au plus dru,
Sur ceci, sur cela, sur tout. L’homme d’Horace,
Disant le bien, le mal, à travers champs, n’eût su
ce qu’en fait de babil y savait notre agace.
Elle offre d’avertir de tout ce qui se passe,
Sautant, allant de place en place,
Bon espion, Dieu sait. Son offre ayant déplu,
L’aigle lui dit tout en colère:
Ne quittez point votre séjour,
Caquet-bon-bec, ma mie: adieu, je n’ai que faire
D’une babillarde à ma cour:
C’est un fort méchant caractère.
Margot ne demandait pas mieux.
Jean de la Fontaine.
( Ce n’est pas ce qu’on croit que d’entrer chez les dieux
cet honneur a souvent de mortelles angoisses.
Rediseurs, espions, gens à l’air gracieux,
Au coeur tout différent, s’y rendent odieux:
Quoique ainsi que la pie il faille dans ces lieux
Porter habit de deux paroisses.)

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le Lion et le Chasseur.

Un  fanfaron, amateur de la chasse
Venant de perdre un chien de bonne race
Qu’il soupçonnait dans le corps d’un lion,
Vit un berger: Enseigne-moi, de grâce,
De mon voleur, lui dit-il, la maison;
Que de ce pas je me fasse raison.
Le berger dit :C’est vers cette montagne.
En lui payant le tribut un mouton
Par chaque mois, j’erre dans la campagne

Comme il me plaît; et je suis au repos.
Dans le moment qu’il tenait ces propos
Le lion sort, et vient d’un pas agile.
Le fanfaron aussitôt d’esquiver:
O Jupiter, montre-moi quelque asile,
S’écria-t-il, qui me puisse sauver!
( La vraie épreuve du courage
N’est que dans le danger que l’on touche du doigt:
Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage,
S’enfuit aussitôt qu’il le voit.)
Jean de la Fontaine.

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le philosophe scythe.

Un philosophe austère et né dans la Scythie,
Se proposait de suivre une plus douce vie,
Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux
Un sage assez semblable au vieillard de Virgile,
Homme égalant les rois, homme approchant des dieux,
Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille.
Son bonheur consistait aux beautés d’un jardin,
Le Sythe l’y trouva qui, la serpe à la main,
De ses arbres à fruit retranchait l’inutile,
Ebranchait, émondait, ôtait ceci, cela,
Corrigeant partout la nature,
Excessive à payer ses soins avec usure.
Le Scythe alors lui demanda
Pourquoi cette ruine: était-il d’homme sage
De mutiler ainsi ces pauvres habitants?
Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage:
Laissez agir la faux du temps:
Ils iront assez tôt border le noir rivage.
J’ôte le superflu, dit l’autre; et l’abattant,
Le reste en profite d’autant.
Le Scythe, retourné dans sa triste demeure,
Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute heure;
Conseille à ses voisins, prescrit à ses amis
Un universel abatis.
Il ôte de chez lui les branches les plus belles,
Il tronque son verger contre toute raison,
Sans observer temps ni saison,
Lunes ni vieilles ni nouvelles.
Tout languit et tout meurt.
Jean de la Fontaine.
( Ce Scythe exprime bien
un indiscret stoïcien(2)
Celui-ci retranche de l’âme
Désirs et passions, le bon et le mauvais,
Jusqu’aux plus innocents souhaits.
Contre de telles gens, quand à moi, je réclame.
ils ôtent à nos coeurs le principal ressort;
Ils font cesser de vivre avant que l’on soit mort.
(2) Les stoïciens s’efforçaient de faire mourir en eux tous
les sentiments: ils affectaient une indifférence absolue pour
ce qui n’était ni vice, ni vertu, sous prétexte de rendre
l’homme sage, et lui ôtaient le coeur.)

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

L’ Araignée et l’Hirondelle.

O Jupiter, qui sus de ton cerveau,
Par un secret d’accouchement nouveau,
Tirer Pallas, jadis mon ennemie,
Entends ma plainte une fois en ta vie!
Progné me vient enlever les morceaux;
Caracolant, frisant l’air et les eaux,
Elle me prend mes mouches à ma porte:
Miennes je puis les dire; et mon réseau
En serait plein sans ce maudit oiseau:
Je l’ai tissu de manière assez forte.
Ainsi, d’un discourt insolent,
Se  plaignait l’araignée autrefois tapissière,
et qui lors étant filandière
Prétendait enlacer tout insecte volant.
La soeur de Philomèle, attentive à sa proie,
Malgré le bestion, happait mouches dans l’air
Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie,
Que ses enfants gloutons, d’un bec toujours ouvert,
D’un ton demi-formé, bégayante couvée,
Demandaient par des encor mal entendus.
La pauvre aragne n’ayant plus
Que la tête et les pieds, artisans superflus,
Se vit elle-même enlevée:
L’hirondelle, en passant, emporta toile, et tout,
Et l’animal pendant au bout.
( Jupin pour chaque état mit deux tables au monde:
L’adroit, le vigilant et le fort sont assis
A la première; et les petits
Mangent leur reste à la seconde.)
Jean de la Fontaine.

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27 avril 2011 ~ 0 Commentaire

L’oiseau et la poule.

L’oiseau vint dire à la poule:
 » Poule, tu as des ailes, pourquoi ne peux -tu pas prendre ton envol comme je le fais?
-Parce que je n’en suis pas capable », répondit la poule. L’oiseau reprit:  » Pourquoi
parler ainsi? Tu as des pattes, des ailes comme les miennes et tout ce qui est dans
mon corps est aussi dans le tiens. » Lorsque la poule l’entendit, vexée, elle se fâcha
et ne voulut plus écouter les paroles de l’oiseau:  » Va-t-en, dit-elle, coucher dans le désert,
laisse moi dormir dans la maison; je n’apprécie pas le langage que tu m’as tenue.
- Puisque tu ne veux pas entendre mes paroles, continua l’oiseau, demain les gens
te prendront, te tueront et mangeront ta chair. Tu n’es pas intelligente: alors que je
viens t’apprendre la sagesse, tu me repousses! Bientôt, lorsque tu verras les gens
venir pour te tuer, peut-être alors m’écouteras-tu.
- Va-t’en, je n’ai que faire de toi, répondit la poule.
- Très bien, dit l’oiseau en partant se percher sur un arbre.
Dès l’aurore, le maître de maison se leva et saisit un bâton pour tuer la poule.
A sa vue, celle-ci prit son vol, traversa la maison de son maître en poussant des plaintes:
 » Ce que l’oiseau m’avait prédit hier est arrivé, alors que j’ai refusé de l’écouter! » L’oiseau
toujours perché sur son arbre, dit à la poule:  » Entre dans les herbes. Si ton maître te voit,
il te tuera. Quand tu seras au milieu de la verdure, ne bouge pas, reste tranquille. » Elle
l’écouta et s’enfuit dans le fourré. L’homme chercha dans l’herbe après elle, sans succès.
Fatigué, il rentra chez lui. En le voyant partir, la poule sortit des herbes pour rejoindre
l’oiseau. Celui-ci lui donna de nouveaux conseils:  » S’il vient pour te tuer, pond un oeuf.
Quand il  le verra, il pensera: la poule pond des oeufs, je ne la tuerai pas. Mais il prendra l’oeuf,
s’en ira le faire cuire avec du sel, le mangera, et sera content. Chaque matin, il viendra chercher
à l’endroit ou tu pondras ton oeuf. Voila le conseil que je te donne, ne l’oublie pas.
- Je te remercie, mon frère, répondit la poule, je ferai ce que tu m’as recommandé,aujourd’hui,
demain, jusqu’à ma mort. Je te remercie beaucoup. »
L’oiseau ajouta:  » Si tu écoutes mes paroles, les gens n’auront plus envie de te tuer. »Puis il s’en alla.
emoticone

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27 avril 2011 ~ 0 Commentaire

La compassion du renard.

Un renard qui voulait pénétrer dans un poulailler se fatigua longtemps,
mais en vain. Finalement, voyant qu’il ne pouvait pas forcer l’endroit,
Il s’en retourna. Arrivé chez son frère, il entendit celui-ci lui demander:
 » Mon frère, avez-vous trouvé bon souper?
- Comme la pauvre poule, répondit le renard bredouille, criait beaucoup,
mon coeur fut touché de compassion, et je m’en suis retourné. »
emoticone

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