01 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

Luis Cernuda ( poète espagnol).

Un espagnol parle de sa terre.

Les plages et les landes
Dormant au soleil blond,
Les tertres et les plaines,
Paisibles, seuls, lointains;

Les châteaux, les chapelles,
Les fermes, les couvents,
La vie avec l’histoire
Au souvenir si douces,

Tout cela, les vainqueurs
_ Ces éternels Caïns-
Me l’ont arraché, oui.
Ils me laissent l’exil.

Dans mon corps une main
Divine souleva
Ta terre, et la voix fit
S’exprimer ton silence.


J’étais seul avec toi
Et ne croyais qu’en toi;
Ton seul nom maintenant
Empoisonne mes rêves

Comment vit une rose
Si on l’arrache au sol?
Les jours de la vie sont
Amers à qui, à force

De souvenirs, ne vit
Qu’une très longue attente
. Un jour, quand tu seras
Libre de leur mensonge,
Tu me chercheras.

Mais Que pourrait dire un mort?
( 1902-1963).

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