30 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

Michel-Ange.

Aimé par Laurent le Magnifique et choisi par le pape Jules II, rival de Léonard de Vinci et adversaire jaloux de Raphaël, contemporain, au cours d’une vie longue de 89 ans, des lustres de Florence à son apogée et des progrès de la Réforme protestante, déchiré par ses contradictions religieuses et tourmenté par son obsession de la mort, envié par les artistes de son temps et pourtant malheureux, solitaire, Michel-Ange est le témoin, devant les siècles à venir, de l’art du XVI e siècle. Né en 1475 à Caprese, en Toscane Michelangelo Buonarroti manifeste très tôt ses dons. Plus tard, il dira en souriant qu’il les doit à sa nourrice, fille de  » tailleur d’images » ( appellation désignant à l’époque gothique les sculpteurs). A l’âge de 13 ans, il pénètre dans le milieu le plus ouvert aux artistes, la cour de Laurent de Médicis, dit le Magnifique. Par goût personnel et par souci de faire de Florence la cité d’Italie la plus florissante sur le plan économique et artistique, le prince accueille écrivains, poètes, philosophes, artistes. Là, dans les jardins de San Marco, ou se trouve des statues antiques, le jeune homme apprend que la connaissance s’appuie aussi sur l’observation directe des oeuvres. Traité par Laurent comme son fils adoptif, il enregistre pendant quatre ans des idées humanistes qui le guideront toujours. A peine âgée de 28 ans, sa réputation de sculpteur n’est plus à faire, il réalise une statue monumentale ( 4,34 m) de David, qui est installée en grande pompe place de la Seigneurie, en présence de la plupart des artistes célèbres du temps. C’est alors qu’il est confronté à Léonard de Vinci. L’un et l’autre doivent orner d’une fresque un mur du palais de la Seigneurie. Léonard projette de peindre la Bataille d’Anghiari, et Michel-Ange la Bataille de Cascina. De ces décors, il ne reste que des dessins, mais ils montrent le tempéraments différents des artistes. Chez Léonard, les coups de crayons sont nombreux, toutes les formes fusionnent pour créer une masse en action. Chez Michel-Ange, les traits appuyés accentuent chaque volume gonflé par la force du mouvement. Puis le papa Jules II entre dans la vie de l’artiste. Très ambitieux, ce pape désire faire de Rome la première ville d’Italie et la première puissance religieuse du monde. C’est déjà un vieillard. Les heurts avec Michel-Ange sont violents. Pourtant, Jules II l’entraîne dans un labeur immense: décorer la chapelle Sixtine, au Vatican. Michel-Ange s’est décrit, souffrant durant quatre ans sur l’échafaudage: » J’ai attrapé un goitre si bien que j’ai le ventre qui colle au menton. Je sens ma barbe qui part vers le ciel, ma nuque toucher mon dos, mon thorax comme une harpie ». Mais le jour de l’inauguration, en 1512, l’enthousiasme est général, et les envieux n’osent émettre la moindre critique devant cette fresque gigantesque. Après des troubles graves à Florence, Buonarroti accepte, par fidélité à ses premiers protecteurs, de construire à San Lorenzo de Florence une chapelle funéraire qui abrite les tombeaux des fameux Médicis, Julien et surtout Laurent le Magnifique.  A Rome, il déborde d’activité: il sculpte ( moise pour le tombeau de jules II), il peint ( le jugement dernier à la chapelle Sixtine ) et il dirige le chantier de la basilique saint-pierre, sa pensée, d’abord dominée par l’admiration  pour les penseurs antiques, se réfugie alors de plus en plus dans la réflexion religieuse, mystique.  pourtant, l’une  de ses souffrances, celle de s’attacher passionnément à des jeunes hommes, s’apaise auprès de Vittoria Colonna, femme très cultivée ( qui est peut-être représentée sous les traits de la Vierge du Jugement), il trouve un réconfort affectueux.Même après sa mort, en février 1564, à l’âge de 89 ans, son destin est hors du commun: un mois plus tard, son corps est enlevé par sa famille, qui le ramène à Florence dans l’église Santa Croce, ou il avait souhaité reposer. ( à suivre).  

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

mesarticlesavendre |
CAP 2002 Français, Histoire... |
petit prince |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Ambel house
| PopKult
| michel fugain le blog