06 août 2015 ~ 0 Commentaire

Julie-Victoire Daubié…

C’est dans les Vosges, à Fontenoy-le-Château, que naît la futur bachelière de France, le 26 mars 1824. Julie-Victoire est née dans une famille bourgeoise. Elevée dans la religion catholique de manière assez stricte. Sa famille a caché des prêtres pendant la Terreur, et c’est auprès de son frère abbé que la jeune fille, assoiffée de savoir, étudie le latin et le grec. A la fois pugnace et raisonnable, elle mène sa vie de manière étonnamment autonome pour l’époque, choisissant de rester célibataire pour avoir plus de temps et de liberté, prête à transgresser les interdits non par défi, mais pour atteindre son but. Elle passe son certificat de capacité, l’indispensable sésame pour devenir institutrice, l’année de ses 20 ans. Marquée par des lectures exaltant les thèses saint-simoniennes d’égalité entre l’homme et la femme, Victoire s’intéresse à la cause des célibataires, des filles-mères et des pauvres. Le thème de son premier ouvrage  » la femme pauvre par une femme pauvre ». l’engage sur la voix du féminisme mais elle n’adhère à aucun mouvement. Victoire avance que l’absence d’éducation et le défaut de moralité maintiennent les femmes dans la pauvreté, la provinciale s’installe dans la capitale ou elle sympathise avec Juliette Adam, l’égérie de Léon Gambetta, qui reçoit dans son salon tout le  » gratin » républicain. Elle produit des articles dans le Temps sous le speudo de C.de Sault. Elle a alors en elle cette volonté d’entamer des études universitaires. Pour cela, il lui faut le Bac. L’ambitieuse jeune femme demande au recteur de l’académie de Paris la permission de s’inscrire à l’épreuve du Bac. Elle se heurte à un refus bien qu’aucun texte de loi n’empêche aux femmes de passer l’examen ni d’entrer à l’université. L’interdiction est dans l’esprit du temps qui n’envisage la femme qu’au foyer. Elle sera éconduite par le recteur d’Aix,Victoire demande à son homologue Lyonnais. Un prestigieux soutien…Sa majesté l’Impératrice Eugénie prend fait et cause pur le projet. Le 16 août 1861, Victoire réussit son épreuve de baccalauréat en totalisant six boules rouges ( favorables), trois blanches ( assez favorables) et une noire ( défavorable). La preuve de son triomphe tarde à venir, car le ministre de l’instruction publique, Gustave Rouland, hésite à signer le diplôme  » de peur de ridiculiser le ministère ». Il s’exécute pourtant de mauvaise grâce le 19 mai 1862.En 1870, elle passe une licence de lettres et accepte la vice-présidence de l’Association pour l’émancipation de la femme au sein de laquelle la visionnaire défend l’idée du droit de vote pour les veuves et les célibataires majeures, puisqu’elles paient des impôts. Elle meurt le 26 août 1874. Aujourd’hui, un salon du ministère de l’Education nationale porte son nom.

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