14 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Au caveau, il n’y a pas de pire punition que de boire de l’eau…

Lorsque trois joyeux compères, l’épicier Gallet, le gastronome Collet et le poète Piron se réunissent dans un caveau parisien, ils ne font que perpétuer une tradition presque aussi ancienne que la vigne: la célébration de l’amitié par des chansons et des plaisanteries autour d’une bonne bouteille. Les premières années du règne de Louis XV s’annoncent heureuses. Finie l’austérité de la fin du règne du Roi Soleil, adieu tristesse! On sait l’art de vivre et on vit. La gaieté croissant avec le nombre des convives, chacun des trois compagnons amène des amis et c’est ainsi que le dramaturge Crébillon fils, le musicien Rameau, le savant Fréret, le peintre Boucher, le philosophe Helvetius, l’abbé Legendre  » qui avalait les tonneaux » se joignent aux fondateurs. ON prend l’habitude de se retrouver tous les dimanches. Le Dijonnais Alexis Piron est l’âme de ce caveau dont les vitres tremblent au fracas des chansons. Le Champagne échauffe les amitiés. Entre deux verres, on entonne parfois des grivoiseries à faire rougir jusqu’au tablier de la servante. Pour ces joyeux drilles, seuls comptent la bonne chair, le bon vin, l’amitié et le rire. Tous les participants saluent l’ouvrage que l’un deux vient de lire avant l’impression. On coupe des scènes, on ajoute des mots, on modifie une intrigue et la critique qui arrive sur les ailes de l’amitié ne blesse pas l’auteur. Si le règlement de la société bachique est chantante ne comportent qu’un seul article, il est d’une sévérité redoutable: quiconque aura manqué l’occasion de faire rire la compagnie est condamné à boire un verre d’eau! Toutefois même les meilleurs amis du monde peuvent se brouiller. Le caveau disparaît en 1743 mais n’en finit pas de renaître de ses cendres.( Claude Chapuis).

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